
Influences
17 et 18 novembre
Soirées de performances audio au Studio d’Essai de la coopérative Méduse
Commissaire : Érick d\\\'Orion
Mise en situation
« Requalifier le rôle de l\\\'art signifie pour l\\\'artiste reconquérir son
propre territoire et reporter sa propre pratique au-d
edans des
frontières spécifiques d\\\'une opération qui ne se mesure pas avec le
monde mais avant tout avec sa propre histoire et avec l\\\'histoire de son
propre langage. »1
« Old school: anything that is from an earlier era and looked upon with
high regard or respect. Can be used to refer to music, clothing,
language, or anything really.” 2
Réappropriation, inspiration, réinterprétation, citation
La notion de old school est largement utilisée en hip hop, exactement
dans le sens de la citation ci-dessus. Un superlatif hautement prisé.
Une inspiration. Une influence. Mais l’appellation peut se transmettre
à d’autres disciplines artistiques. Un poème de Claude Gauvreau était
old school aux yeux du jeune Denis Vanier. Fontain, de Marcel Duchamp,
répond à la notion dans l’esthétisme d’Andy Warhol. John Cage l’est
auprès d’Alexandre Saint-Onge; Pierre-André Arcand, auprès d’Érick
d’Orion.
Outre des esthétismes, des courants de l’histoire de l’art ou des
corpus d’œuvres, il y a aussi des méthodes de travail ou des façons de
faire qui peuvent être considérées old school : la composition sur
bande magnétique, l’écriture automatiste, le scratch, les sons
synthétiques analogues, etc.
La référence au passé, aux racines dans la notion de old school est, en
plus d’une source d’inspiration, une forme d’avancement dans la
discipline. Elle permet d’aller beaucoup plus loin, parfois même sans
que le sujet soit clairement identifiable.
L’histoire de l’art s’est souvent construite autour de cette notion,
que ce soit en réaction ou en faveur des mouvements précédents ; elle
se construit avant tout par les artistes, ne l’oublions pas. Et ces
artistes, qu’ils soient influencés ou non, ont leur propre langage et
leur propre histoire.
Le projet Influences utilise l’appropriation de la « philosophie » hip
hop entourant le old school en présentant une série de performances
sonores s’inspirant de certains courants de l’art du 20e et du 21e
siècle. On est loin ici de la nostalgie !
Le projet
Orientée sur des courants artistiques divers, le projet Influences
consiste en deux soirées de performances en art audio. Il s’agit de
demander à des artistes de la création sonore de présenter des œuvres
inusitées s’inspirant de thèmes touchant à l’histoire de l’art avec ou
sans un « h » majuscule. Que ce soit dans le domaine de la musique, du
cinéma, de l’architecture, de la littérature, ces thèmes devront
influencer les artistes invités et ainsi faire connaître des mouvements
artistiques peut-être inconnus du public. Cet axe de programmation met
également les artistes dans une situation de création « influencée »
conceptuellement qui amènera une recherche du fondement du mouvement et
ainsi poussera le créateur à sortir de son « confort » esthétique et
l’amènera à explorer de nouvelle sphère.
Artistes et courants
Philippe-Aubert Gauthier :
Death Métal
style
musicale dérivé du heavy métal, et par extension, du rock. Paroles,
rythmique, imagerie visuelle poussé à un extrême d’agressivité, voir de
violence. Le genre est souvent identifié grâce à ses guitares
rythmiques accordées plus bas, des percussions rapides avec une
utilisation fréquente de la double grosse caisse, et une intensité
dynamique. Le vocal a des similarités avec les chants de gorges Inuits.
Artistes : Suffocation, Death, Morbid Angel.
eriKm (Marseille, France) :
Gangsta Rap
style
musicale apparu au début des années 80 aux Etats-Unis d’Amérique. Style
de hip-hop relatant à l’origine la vie de gangster afro-américain dans
les quartiers pauvres des grandes villes. Artistes : NWA, Ice T, Big E,
etc.
Alexis Bellavance :
Cinéma direct
courant du cinéma
documentaire qui a vu le jour au Québec et aux États-Unis, entre 1958
et 1962. Si dans son acceptation initiale il se caractérise par un
désir de capter directement le réel et d’en transmettre la vérité, il
sera au cinéma de façon plus durable, une manière de se poser le
problème du réel, voire de tenter d\\\'y agir par le cinéma. Artistes :
Michel Brault, Pierre Perreault, Gilles Groulx.
Magali Babin :
Les automatistes
inspiré
par l\\\'écriture automatique du poète français André Breton, le peintre
Paul-Émile Borduas invente une façon de transposer sur toile l\\\'idée
d\\\'une production spontanée sans idée préconçue. Le mouvement
automatiste naît quand il expose 45 de ses gouaches au théâtre de
l\\\'Ermitage, à Montréal du 25 avril au 2 mai 1942. Se joignent bientôt à
lui quelques uns de ses élèves de l\\\'École du Meuble (…).En 1948, le
groupe lance le manifeste REFUS GLOBAL. On y étend les intuitions
esthétiques du groupe jusque dans le domaine politique, en faisant de
l\\\'« anarchie resplendissante » un équivalent de la peinture
automatiste. Artistes : Claude Gauvreau, Paul-Émile Borduas, Marcelle
Ferron.
Mériol Lehmann :
Musique sérielle
Le terme «
musique sérielle » apparut pour la première fois dans les descriptions
des œuvres de Schönberg, Berg et Webern postérieures à 1920-1923 et
faisant usage de la série dodécaphonique, et fut utilisé surtout à
partir de 1945-1950. Dans une musique sérielle quelle qu\\\'elle soit, les
éléments « mis en série » sont en principe égaux en droit et régis
selon l\\\'ordre dans lequel ils apparaissent et se succèdent. Pour
abolir, du moins en principe, toute hiérarchie entre les sons,
Schönberg eut recours, après la période de silence qui elle-même avait
suivi ses grandes œuvres dites « atonales libres », à l\\\'atonalité et au
sérialisme. Mais il n\\\'appliqua ce dernier qu\\\'à l\\\'un des 4 paramètres
(hauteur, durée, timbre, intensité) du son traditionnel : les hauteurs.
Et il prit comme matériau de base pour ses séries les douze degrés de
la gamme chromatique. Ses séries sont donc dodécaphoniques, et on a
associé à son système le terme de dodécaphonisme. Artistes : Arnold
Schoenberg, Alban Berg, Luigi Nono.
Simon Elmaleh
Musique concrète
terme
donné en 1948 par Pierre Schaeffer à une nouvelle forme d\\\'expression
musicale, dont il fut l\\\'inventeur et, avec Pierre Henry, le pionnier
principal. Cette forme consiste à composer à partir de sons enregistrés
(sur disque puis sur bande magnétique), en travaillant et en combinant
ces sons à différents niveaux, en les enregistrant, en les manipulant
sur leur support d\\\'enregistrement (…) En quelque sorte, la musique
concrète était à la musique instrumentale ce que le cinéma est au
théâtre. Les sons utilisés étaient de provenances diverses
(instrumentale, anecdotique, « naturelle », issus de corps sonores tels
que tiges, ressorts, tôles, etc.), mais le plus souvent microphoniques
(…). Cependant, dès le départ, la musique concrète était pour Pierre
Schaeffer, son inventeur, plus qu\\\'une nouvelle technique « futuriste »
parmi d\\\'autres ; c\\\'était surtout une nouvelle manière de faire, de
comprendre, d\\\'entendre la musique. Artistes : Pierre Henry, Michel
Chion, Pierre Schaeffer.
Alexandre Saint-Onge
Free jazz
mouvement
qui, dans les années 60, a profondément transformé les données de
l\\\'improvisation dans le jazz. Les musiciens « free » abolissent les
canevas harmoniques, la référence au thème, la permanence du tempo, et
ne se réfèrent plus qu\\\'occasionnellement à la notion de swing. Leur
musique violente, agressive, souvent marquée par la dérision, reflète
la situation politique et raciale aux États-Unis à l\\\'époque de la
guerre du Viêt-nam. Artistes : Ornette Coleman, Cecil Taylor, John
Coltrane.
Nancy Tobin
Dada
mouvement intellectuel et
artistique qui, né à Zurich en 1916, s\\\'est étendu à l\\\'Allemagne, la
France et les Etats-Unis. Il a perdu sa virulence à partir de 1923 et
s\\\'est fondu, en France, dans le surréalisme. Il doit son nom à Tzara,
qui l\\\'aurait inventé en feuilletant au hasard un dictionnaire. \\\"Dada
place avant l\\\'action et au-dessus de tout : le doute. Dada doute de
tout. Dada est tatou. Tout est Dada. Méfiez-vous de Dada.\\\" Artistes :
Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Max Ernst, etc
Bernard Falaise
Fluxus
Mouvement
international apparu à la fin des années cinquante. Fondé par de jeunes
artistes influencés par Dada, par l\\\'enseignement de John Cage et par la
philosophie Zen. L’abolition des catégories de l\\\'art par un rejet
systématique des institutions et de la notion d\\\'œuvre d\\\'art constitue
une des principales caractéristiques du mouvement. Artistes : Ben
Vautier, Joseph Beuys, Nam June Paik, Robert Filliou, etc.
AUN (Martin Dumais)
le cinéma expressionniste allemand :
a
l’origine, le terme expressionnisme caractérise les avant-gardes
allemandes dans les arts plastiques, la littérature, le théâtre, puis
l’architecture et le cinéma entre 1910 et 1925. Au cinéma, il est
utilisé pour la première fois en 1919 lors de la sortie du film de
Robert Wiene Das Kabinett des Dr. Caligari. L’expressionnisme au cinéma
allemand s’oppose à la réceptivité passive de l’artiste vis-à-vis du
réel. C’est une attitude volontariste, cherchant à activement créer et
former un monde, le façonner et le construire. Artistes : Robert
Wiene, Friedrich Wilhelm Murnau, Fritz Lang.
(1) Achille
Bonito Oliva, La trans-avant-garde italienne, in L\\\'Époque, la mode, la
morale, la passion. Aspects de l\\\'art d\\\'aujourd\\\'hui, 1977-1987, Paris,
Centre Georges Pompidou, 1987, p. 562-565.
(2) http://www.urbandictionary.com/, consulté le 20 janvier 2009.