
Une œuvre de:
Alain-Martin Richard
Jocelyn Robert
Thecla Schiphorst
Dot Tuer
Dominique Blain
2003
catalogue + CD
25.00$ CAD
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Piano à numéros est un projet qui aborde maintes réflexions sur l’art multidisciplinaire et ses développements informatiques. Avatar s’est donc penché sur l’activité de traduction qu’implique cette pratique artistique en invitant deux artistes en résidence: Dominique Blain et Thecla Schiporst. Lors de cette résidence, elles ont conçu un projet dans leurs disciplines artistiques respectives. Les deux propositions ont ensuite été traduites de manière sonore en utilisant le disklavier de YAMAHA, un piano à queue contrôlable par ordinateur. Cette œuvre importante du répertoire d’Avatar a été publiée sous la forme d uo;un catalogue et d’un CD audio sous l’étiquette OHM éditions. La publication bilingue regroupe le résultat des deux projets de recherche ainsi qu’une réflexion sur le concept de « l’art et de la traduction » par Alain-Martin Richard et Dot Tuer. L’ensemble du travail a été mis en contexte par Jocelyn Robert.
Lors de cette résidence, Thecla Schiphorst a proposé un processus de traduction direct. Elle a fait le portrait de quatre personnes en recueillant les mouvements fins du corps. Ces données ont été par la suite traduites pour le piano Disklavier, instrument conventionnel (piano à queue) sur lequel est ajouté un système qui le transforme en piano automatisable.
Dans le cadre du projet Piano à numéros, Dominique Blain a effectué une étude sur la simultanéité, en considérant les diverses activités tenues en même temps aux antipodes de la planète. Le projet réalisé s’intitule Notes et traduit la réflexion sur ces éléments de synchronisme et de distances culturelles. Il s’agit d’une sorte de paysage sonore non pas dans l’espace, mais dans le temps.
Puis, Jocelyn Robert, en tant que coordonnateur du projet, a demandé à Dot Tuer et à Alain-Martin Richard leurs réflexions sur le travail et sur le thème de recherche : la traduction en tant que processus de création.
Pour Dot Tuer, la traduction est enchevrêtrée dans les technologies du moi, une confusion du désir et un manque rendu encore plus complexe à mesure que cette traduction s’enroule autour du potentiel informatique pour simuler la conscience. Selon elle, le travail de Thecla Schiphorst se traduit par la peau comme un tissu conjonctif reliant ainsi le corps à la mémoire et la mémoire à l’histoire. Le travail de Dominique Blain serait simplement renversé, c’est-à-dire que l’histoire servirait de tissu conjonctif reliant ainsi le corps à la mémoire et la mémoire à la peau. Et elle termine en soulignant que leurs traductions, toujours dialectiques et inachevées, constituent des métaphores d’une impulsion fantomatique à un corps soudé à l’histoire, au son.
Selon Alain-Martin Richard, l’interprète artiste est plus intéressé par l’idée d’infidélité de la traduction et par tout le potentiel fictionnel de cette procédure. La panoplie numérique donne ainsi la possibilité de rendre compte d’une surdimension en la visualisant, en l’écoutant et en permettant ainsi de se rapprocher des choses les plus intimes de l’univers. La traduction ne serait qu’une modalité supplémentaire d’invalider le réel afin de le maintenir toujours en mouvement. Ce sont les instruments de mesure, de manipulation et de transfert qui conditionnent et définissent autant l’original que sa traduction.